Tiassalé: Sawadogo Amidou, non voyant et fabricant de meubles

L’artisan Sawadogo Amidou (en lunettes noires) et son apprenti en train de tisser un lit picot
Côte d’Ivoire – Tiassalé – Sawadogo Amidou, non voyant et artisan de profession. Il est l’objet de curiosité de la part de tous ceux qui passent devant son atelier sis au quartier PTT de Tiassalé, face à la direction départementale de la construction et de l’urbanisme. Il a accepté de s’ouvrir à l’AIP. (Portrait)
 
 
A 38 ans révolus, Sawadogo Amidou est père de quatre enfants, dont l’aîné est dans un centre de formation, le second en quatrième et les autres au cycle primaire. Pour subvenir aux besoins de sa petite famille, Sawadogo Amidou exerce le métier d’artisan. « Je suis fabricant de meubles. Je fabrique entre autres, des lits picots, des fauteuils, des tables à manger, des paniers, etc « , a-t- il fait savoir.
 
Les matériaux utilisés sont les barres de fer et le fil en nylon. Il souligne avoir appris à tisser avec le nylon depuis l’âge de huit ans. Et que son apprentissage s’est fait dans un centre de formation pour non voyant. « Et depuis toujours, c’est ce seul métier que je fais pour gagner ma vie », précise-t-il.
 
Pour le rythme de la production, il affirme fabriquer par jour un lit picot ou deux chaises, selon la commande. Avec son « élève-apprenti « , Kouamé Yao, 22 ans, cette production arrive parfois à doubler.

Cet apprenti est aussi non voyant et exerce depuis quatre ans aux côtés de son maître Sawadogo, pour dit-il, « ne pas dépendre des autres ».

« Perdre la vue, n’est pas perdre la vie « , rassure Sawadogo, victime de la cécité à bas âge  et qui s’accommode de cet handicap. « Je vis bien, 30 ans après ».

Son message à tous les non-voyants,  est de leur faire comprendre qu’il y a une vie après la perte de la vue. « J’ai déjà formé une dizaine de non-voyants qui gagnent bien leur vie. N’acceptez pas de vivre aux crochets des autres », conseille-t-il.

Aussi, se dit-il donc disponible pour les former afin de leur donner une autonomie financière et l’espoir. Pour cela, il sollicite l’aide des aux autorités, pour être installé dans de meilleures conditions de travail car son atelier est en matériaux de fortune  (planches).

Son vœu le plus cher, reste la création d’un véritable centre artisanal qui sera également un centre de formation pour non-voyants. Tout soutien est donc le bienvenu afin de contribuer à l’épanouissement des non-voyants.

 

©CotedivoireNews/AIP

 

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